| Le droit à la nourriture est fondamental, c'est une des composantes de l'insertion sociale. Faire ses courses semble être un acte simple et pour autant aujourd'hui en France, près de 8 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté et sont amenées, parfois ponctuellement et parfois durablement, à fréquenter des structures d'aide alimentaire d'urgence où la dignité s'estompe, où l'estime de soi diminue. |
Il existe en France, dans le domaine alimentaire, un tissu associatif riche animé par des considérations politiques, philosophiques, sociales, culturelles ou religieuses différentes, et dont les actions en terme d'aide alimentaire reposent le plus souvent sur le principe du don (distribution gratuite de colis alimentaires provenant des dons de l'Union européenne ou de produits de retrait français).
Le don peut être envisagé sous divers angles :
► Comme un engagement politique, sous forme de partage des biens, de la production et plus généralement de la richesse.
► Comme un acte de charité, reposant, à l'origine, sur des convictions religieuses.
► Comme une nécessité, pour stabiliser une paix sociale.
Cependant, une large fraction de la population économiquement fragile - bénéficiaires de minima sociaux, travailleurs précaires, retraités pauvres, mères célibataires - qui n'a pas accès à une alimentation saine et équilibrée, souffre de demander assistance et de ne pouvoir choisir les aliments qu'elle consomme.
Dans le domaine marchand, il existe des "Hard Discounters" qui proposent des produits sans marque à moindre coût. Mais là encore, la barrière d'accès à la consommation perdure et, avec elle, une forme d'exclusion.
L'idée
La nourriture est, dans notre société, un plaisir, un acte social de convivialité et de partage. Il paraît alors indispensable d'offrir à des familles démunies une nouvelle forme d'aide alimentaire capable d'allier le choix, la qualité, le respect du goût, des cultures et des habitudes.
Si l'aide alimentaire gratuite reste nécessaire pour les personnes sans aucunes ressources, Marcel Mauss rappelle que "le don non rendu rend encore inférieur celui qui l'a accepté, surtout quand il est reçu sans esprit de retour" (Essai sur le Don). La contribution financière demandée dans les Epiceries Solidaires, même symbolique, participe de la dignité des personnes et de la liberté de choix.
Histoire
Les épiceries solidaires et sociales se sont développées en France à la fin des années 1990. Elles ont d’abord été portées par des Centres Communaux d’Action Sociale (CCAS), puis par des collectifs d’associations ou par des initiatives citoyennes.
En 1996, Guillaume Bapst, actuel directeur de l’A.N.D.E.S, crée, en parallèle à son poste de directeur de la gestion locative à l’Office public départemental HLM de la Nièvre, une Epicerie Solidaire à Nevers qui suscite rapidement un intérêt politique et médiatique.
Confronté à une demande croissante en matière de « conseil » pour ouvrir d’autres structures de ce type, il choisit de créer alors une association nationale pour aider au développement des Epiceries Solidaires afin d'accompagner la réalisation de nouveaux projets d'épiceries et rassembler ces structures au sein d'un réseau dynamique et innovant. Ce fut chose faite en avril 2000.
Est-ce que les "pauvres", les personnes qui sont en situation d'exclusion, ont seulement le besoin de se nourrir, de ne pas mourir de faim, ou faut-il dépasser cette approche pour établir la question du choix dans l'alimentation et plus généralement dans la consommation, donc aussi la question du plaisir. Choix et plaisir de consommer comme condition nécessaire pour se sentir vraiment une personne, un être vivant, un être digne. En posant cette question, nous posons la question de la nature de la pauvreté et de l'exclusion sociale. Est-ce que la pauvreté c'est seulement être privé de revenus, ou faut-il considérer avec un certain nombre d'économistes que la pauvreté c'est également et surtout être privé de liberté réelle.
Nombre d'épiceries ont fait leurs preuves. Cette forme d'aide est maintenant largement reconnue par les institutions d'État et, de plus en plus, par le monde économique.
Mots-clés : A.N.D.E.S., aide alimentaire, épiceries sociales, épicerie solidaire




























